Km 17 705
Jeudi 29 novembre
L'air de "la montagne" me réussit. J'ai dormi d'une seule traite jusqu'à 6h et je me sens avec une énergie débordante donc nous nous levons tôt. Le soleil est déjà haut. Nous quittons Tidal River pour la dernière rando dans le Promotory Cape. Il fait très beau mais il va faire très chaud car il n'y a pas le moindre petit souffle de vent.
A 7h 30 nous sommes sur place et entamons l'ascension du mont Bishop. Le chemin, bien tracé monte gentiment au milieu d'Eucalyptus de grande taille aux troncs noircis par le précédent incendie (2009). De grandes fougères arborescentes déploient leurs dernières feuilles enroulées en crosse le long des ruisseaux presque taris mais dont nous avons un aperçu des dégats lors des orages.
A 8h 20 (j'ai regardé l'heure) et sans qu'on se l'explique, toutes les cigales de la forêt se sont mises à striduler. J' avais un excellent souvenir du chant de celles de mes vacances d'enfant à Nice. Celle-ci commettent un harcèlement sonore violent. On ne s'entend plus parler, il n'y a qu'elles et ça finit par vous brouiller...la vue. On vous a filmé le bruit. Ca a duré une demi-heure et puis...plus rien. Avions-nous pris de l'altitude ? Les avions-nous perturbées? Je ne saurais le dire.
Nous nous élevons toujours. Avec l'accroissement de la température, aux fragrances d' Eucalyptus s'ajoute une forte odeur d'humus. Sur le sol ça et là, des éclats rouges groseille font penser à du bonbon écrasé ou à du verre cassé. La réponse nous apparaît le long d'un tronc d'où coule, puis se solidifie cette résine.( d'où le nom donné également à ces Eucalyptus de Gommier). Les Aborigènes l'utilisaient mais ma pauvre tête ayant du mal à tout intégrer, j'ai oublié ce qu'ils en faisaient. Il va y avoir du boulot en rentrant !
Les oiseaux nous narguent comme hier mais cette fois c'est parce qu'ils sont trop hauts qu'on ne peut pas les photographier.
La vue est époustouflante. Côté montagne, les courants d'air froid qui descendent des sommets sont matérialisés par le brouillard blanc qui se forme au contact de l'air chaud et humide qu'ils rencontrent. Cette mer blanche descend à vive allure le long des pentes puis disparaît à mi-parcours lorsqu'elle s'est réchauffée. C'est beau ! Côté mer, c'est une succession de cartes postales sur lesquelles nous repérons nos randos d'hier.
Encore un très bel endroit que nous abandonnons pour avancer un peu car le temps passe !
Nous faisons une halte repas sur une aire aménagée où l'ombre dense nous fait le plus grand bien : il fait 30°C !
A Port Albert, nous nous installons pour nous reposer des 10 km d'effort de la matinée, au milieu des perroquets, lamas, chevaux, moutons, lapins, pélicans, cygnes noirs (j'en ai compté 63 avant de m'arrêter), mouettes, goélands (très peu nombreux en Australie), petit chat et...abeilles.
Et le petit cadeau...
Vendredi 30 novembre
Aujourd'hui, journée repos à Port Albert. Nous en profitons pour une grasse matinée, une petite balade dans le parc en attendant la fin de la lessive. Les voisins qui voient Titou photographier les oiseaux lui indiquent des arbres dans lesquels il a le plus de chance d'en voir. Dans le grand gum tree derrière le réservoir d'eau, c'est à dire tout près, il y en a un, très rare en Australie : le Rossignol ! On ne l'a pas vu ni entendu chanter la nuit.
Au moment du repas, un autre voisin en fauteuil roulant est venu bavarder avec nous. Il nous avait déjà accueilli hier, nous conseillant de modifier l'orientation du camping-car à cause de l'orage qui devait éclater dans la nuit...ça ne s'est pas produit.
Moi, quand je bavarde avec un australien, j'essaie de tenir le crachoir. Je sais qu'ils me comprennent; tout au plus ils disent que j'ai un "lovely accent" (humour ???) alors que moi je ne comprends pas grand chose. Toute la phonétique qu'on apprend est à jeter à la poubelle. Quelques exemples pour ceux qui ont fait un peu d'Anglais. Saurez-vous traduire : noïne tane gueuïle, eïné eïne kenoménez, yep, noïne soit nightingale, eighty eight kilometers, yes, no soit rossignol, 88 km (c'est la nana du GPS), oui, non. Remarquez, une fois qu'on le sait...sauf que 3 mois c'est insuffisant pour ma petite tête.
Après le repas, pêche sur le port et...toujours rien même avec les appâts du coin, même avec le blackminnow. Titou, il est pas loin d'être persuadé que les mers australiennes sont dépourvues de poissons. Avant de rentrer on a fait comme plein de gens, on s'est acheté du sea food'n chips dans la petite taverne du port et ...on s'est régalé !!! Comme quoi... Ah! Vous voulez savoir ce qu'il y avait comme sea-food ? Des crevettes, des noix de St Jacques, des calamars, et deux sortes de poissons NI (non identifiés).
Et le petit cadeau...
