Km 18 418
Lundi 3 décembre
Ce matin n'est pas comme les autres. Il y a Titou, Titoune, Tristoune. Ce troisième personnage s'est invité insidieusement hier soir, pendant que, profitant d'un arrêt de la connexion internet, nous admirions l'arrivée progressive de la nuit sur le bras de mer. Bien sûr, Titou n'a pas pêché de poissons mais les autres pêcheurs non plus, bien sûr le clignotement de ces quelques guirlandes électriques disposées ça et là autour des tentes, caravanes et bungalows annoncent les "fêtes" de fin d'année, bien sûr aujourd'hui il fait gris, bien sûr il nous faut reprendre la route et alors ?
Alors il y a juste que pour la première fois, nous avons tracé la fin de la route, pour la première fois nous avons évoqué la fin du voyage et le retour à "avant", pour la première fois, le drapeau à damier blanc et noir fouette rageusement l'horizon. Lorsque nous l'aurons atteint, nous saurons qu'une parenthèse de notre vie aussi grandiose que merveilleuse et éblouissante va se refermer avant même que nous ayons vraiment réalisé que nous la vivions vraiment. Sensation déroutante qui nous destabilise un peu et "accroche une larme aux nuages".
La route continue sa reptation entre les eucalyptus. A Eden, nous nous arrêtons à l'I visitor pour s'enquérir d'un vendeur TELSTRA pour rétablir la connexion Internet. Heureusement c'est juste à côté. Nous y allons. "Ah non c'est à Bega à 70 km d'ici". Npus ne regrettons pas d'abandonner la côte pour Bega. La vue se dégage. La région est vallonnée, verdoyante avec ça et là des points d'eau d'importance variable. Dans le lointain se dessinent le toujours bleu des montagnes.
A Bega, nous déjeûnons entre "le petit pont de bois" et le plan d'eau très habité.
Nous retrouvons la mer à Narooma à 340 km de Sydney ! Une promenade sur le front de mer nous offre le spectacle d'un ballet de dauphins et du vol sous-marin de quelques grosses raies. C'est tellement plus beau que dans un aquarium fussent-ils ceux de Melbourne ou d'ailleurs.


