Km 18 515
Mardi 4 décembre
A 8h, c'est la chaleur qui nous réveille. Un oeil sous les rideaux et oui le soleil est déjà haut sous un ciel bleu. Il fait 24°C. Rien ne nous presse vraiment sinon le moment où il faut s'éjecter du camping c'est à dire à 10h. Je lis mes messages et découvre Gabriel (mon dernier petit fils) et son papa (Eric) en train de faire de la luge ! Ca fait du bien ! Le plus dur quand on voyage c'est..... l'éloignement des siens, des amis... Heureusement qu'il y a les photos on a du mal à imaginer le froid de la neige.
Titou veut encore aller "vérifier" quelques coins de pêche possibles et hier, nous avons raté l"Aussie Rock", un rocher qui aurait la forme de l'Australie. Après un petit dej tranquillou, nous partons. Les coins de pêche s'avèrent infructueux et malgré la carte et les questions aux autochtones, nous ne réussissons pas à trouver ledit caillou. L'endroit est beau, occasion de quelques photos.
"Allons à Moruya, ce n'est pas très loin" décide Titou. Il faut préciser que sur le prospectus, le coin est affublé d'une montagne de poissons empilés ! Entre le nom de la ville et les icônes, il n'y a donc pas à tergiverser : c'est parti !
Nous arrivons à Moruya à 13h 15, prenons notre emplacement au camping qui est situé au bord de la.....Moruya River. Pendant que je prépare le déjeûner, Titou, vous le connaissez...eh bien non ! Toujours pas de poissons ! Comme ça devient facile à prévoir, j'ai prévu et Titou est tout heureux devant la salade de tomates-riz-oeufs et ....thon ! (en boîte)
Eh ??? C'est pas tout ça mais cette fois ça ne rigole plus !!! Nous partons pour le tour de l'estuaire, environ quinze km et aux endroits qui nous paraissent propices pour une pêche d'enfer, c'est avec une pêche d'enfer qui donne la démarche caractéristique au pêcheur qui y croit que Titou part à l'assaut du trophée.
Pendant ce temps, je lis les panneaux qui expliquent l'histoire locale des aborigènes. Lorsque je repars, je remarque un couple qui avance dans ma direction. Je salue. La dame me demande de la suivre jusqu"au panneau que je lisais. Là, sur la photo, elle me montre son fils, qui a maintenant 18 ans, sa maman très typée aborigène qui "a passé" la semaine dernière. Je comprends qu'elle est décédée et je ne sais pas quoi dire sinon adopter un air de circonstance pour lequel je n'ai pas eu à me forcer. Elle m'explique que cet endroit est très fort en spiritualité, me parle des connexions entre la Terre et les Hommes; Son fils, maintenant qu'il est un homme, enseigne leur histoire à travers le pays. Elle s'est permise de me commenter la photo parce que m'ayant vue intéressée, elle voulait que je sache. En quelques mots, je lui exprime ce que je pense et ressent pour ce peuple. Elle a le même geste que ce ranger aborigène dont je vous ai parlé précédemment, poing fermé, elle lève le pouce et s'éloigne... Elle avait le teint clair, les cheveux longs et blonds, la cinquantaine. J'ai photographié la photo.
Et Titou pendant ce temps... Eh bien non toujours pas !!!
Sur le chemin du retour nous avons notre petite récompense. Il se baladait imprudemment au bord de la highway. Nous vous le livrons en photo et en film. Maintenant, il ne nous manque plus que le wombat... vivant.
Et pendant que j'écris, vous croyez qu'il est où Titou ? S'il y a du changement je vous le dis en photos...
Et le petit cadeau...
Et la surprise...
Mercredi 5 décembre
Dans une semaine, jour pour jour, nous aurons abandonné notre petit "chez nous" ambulant...
Pour tous ceux qui n'auraient pas reconnu le petit animal d'hier, il s'agit d'un échidné. Malgré sa ressemblance avec le hérisson, ils n'ont aucune parenté. L'échidné a de la fourrure dans les bruns dans laquelle s'intercalent des piquants assez longs. Ceux que nous avons vus (en fait il y en avait 2) faisaient à peu près 60 cm de long et leur nez pointu,10 cm. La bouche en forme de tuyau "suit le nez" et peut projeter une langue gluante et collante à la vitesse d'une centaine de coups par minute pour capturer fourmis, termites... Lorsqu'il est en danger l'échidné se met en boule et commence aussitôt à s'enterrer grace à des pattes fouisseuses d'une efficacité époustouflante, nous l'avons vu faire ! Mais le plus étonnant c'est qu'il pond des oeufs par un cloaque comme les oiseaux, comme une poule. A chaque fois un seul oeuf est pondu et transféré dans une poche venrale un peu comme celle des kangourous. A l'éclosion le petit suce le lait qui suinte de la paroi interne de la poche. Pas un oiseau, pas un mammifère, un peu des deux, forme de passage entre les deux règnes ?. Avec l'ornithorynque que nous n'avons vu qu'empaillé et qui possède les mêmes caractères, il appartient à l'ordre des monotrèmes. Ben je m'éclate là non ?
Comme toutes les jounées "vacances", celle-ci commence par la lessive. Nous petit-déjeûnons pendant que la machine tourne c'est à dire pas plus d'une demi-heure... Pendant que le linge sèche, nous partons à pied à la grande surface du coin située à 500 m. Celà nous permet d'acheter...des appâts et de découvrir la ville qui a officiellement été proclamée comme telle en 1855.
La rue principale est bordée de commerces, cafés, restaurants, établissements bancaires qui s'ingénient à attirer clients et touristes par toutes sortes d'affiches, dessins, enseignes très hauts en couleurs. Des sculptures en bois, racontent une histoire, parfois l' Histoire et tentent de rivaliser avec les pères Noël géants qui grimpent de partout. Ici, comme à Melbourne et peut-être partout en Australie pas de motifs ou guirlandes lumineux.
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, il n'y a pas de morue à Moruya. Ce nom donné d'abord à la rivière provient d'un terme aborigène qui signifie "le royaume du cygne noir". Ce bel oiseau revient ici toutes les années pour s'y reproduire.
La tribu aborigène Bugelli-Mangui a (évidemment) abandonné mode de vie et coutumes mais quelques uns de leurs noms ont traversé le temps jusqu'à aujourd'hui. Le premier colon, un tailleur irlandais, Francis Flanagan s'est installé avec toute sa famille sur une rive de la Moruya River en 1820. Sa maison est toujours visible et ses descendants habitent toujours à Moruya. Le deuxième colon était un britannique John Hawdon. Il s'installa un peu en amont de Moruya en 1821. Sa maison devint très prospère avec des invités de marque comme Henry Kendall qui écrivit "the Shanty on the Rise" ou Thomas Alexander Browne qui sous le pseudonyme Rolf Boldrewood axa la majeure partie de son histoire "Robbery Under Arms" autour des paysages et de la vie inhérents aux mines d'or. La famille Hawdon continue à entretenir des liens très forts avec Moruya.
Effectivement, en 1851, on découvre de l'or à l'ouest de Moruya, ce qui a attiré des milliers de prospecteurs.
Puis Moruya devint le centre d'une riche région d'élevage et d'agriculture.
Enfin, elle est renommée pour ses granites essentiellement utilisés à Sydney. Son micro-granite bleu pour la construction de la poste place Martin, de la banque NEW South Wales, de la statue du Capitaine James Cook dans le jardin botanique.
Un autre granite a été utilisé pour la construction du Sydney Harbour Bridge.
Un bloc de 20 tonnes, découpé ici sert de base au cenotaphe de la place Martin.
On essayera de repérer tous ces granites quand nous serons sur place. J'aime bien le lien qu'il existe entre cette modeste mais charmante ville où nous resterons peut-être un jour de plus, et la grande Sydney où nous serons bientôt pour repartir. Bon tout le monde remarquera que quand on m'abandonne pour la pêche, je peux faire mieux que de la simple description...Non ? D'accord ce n'est pas forcément plus marrant. Plus sérieusement, la plupart des villes d'Australie ont à peu près la même histoire : les Aborigènes qu'on fait gicler, l'or ou autre minerai, explosion de prospérité puis décadence ou survie. Je suis contente de m'être davantage penchée sur Moruya qui me plait décidément beaucoup à l'occasion de cet arrêt un peu plus long.
Ah J'oubliais : Titou a pris aujourd'hui 10 poissons et je peux vous dire qu'ils sont...délicieux !
