Le retour ...
Samedi 15 décembre
Avec un avion à 17h 30, à 4 km de l'aéroport, on s'était dit une petite grasse mat serait la bienvenue. Mais Titoune, vous la connaissez...mal dormi, mal à la tête, réveillée avec le chant des oiseaux dans la frondaison toute proche. Donc à 8h, on petit-déjeûne, on Re vérifie les valises, Re jette du superflu... et après un certain nombre de Re, à 9h 30, on est fin prêts. On avait décidé de rester le plus longtemps possible à l'hôtel, c'est à dire jusqu'à 11h mais à 10h : "et si on y allait ?" et on y va. On se retrouve sur le trottoir avec tous nos bagages en train de héler les taxis. Très rapidement il y en a un qui s'arrête. Je dis "à l'aéroport" et le petit plaisantin me répond "lequel ?" Et là, Titoune vous la connaissez, petite montée d'adrénaline. Mais l'image du billet Re lu la veille me saute aux yeux et j'arrive même à donner le nom de l'aéroport international. Sur le grand tableau d'affichage, on peut lire tous les vols jusqu'à 17h35 et...il n'y a pas le nôtre (17h 30 !) 2eme montée d'adrénaline...plus forte. Au guichet des renseignements j'expose mon âme dans tous ses états à la très brave femme de service. Elle décortique mon billet, va au tableau, je la suis..."il y a un problème" dit-elle. A partir de là, je ne regarde plus mon adrénalinomètre. "Vous êtes sure que vous êtes au bon terminal ?" demande-t-elle. "Qu'en pensez-vous, c'est écrit nulle part. Il est loin d'ici l'autre terminal ?" "oh oui, vous ne pouvez pas y aller à pied, il vous faudra prendre le train ou le bus" abrupte-t-elle. "Ah non" abruptè-je aussi "plutôt un taxi". "Comme vous voulez mais avant il vaudrait peut-être vous renseigner auprès de votre compagnie" "Justement je ne la vois nulle part" "Normal ils sont au sous-sol mais vous avez un ascenseur". S'ensuit une succession de right, left, in front of, besides... même en Français cela aurait été dur à retenir. Mais on y arrive quand même. L'endroit est désert, l'hôtesse est seule derrière son guichet. On pose tous nos bagages ...et Titou avec dans un coin... et me voilà partie en éclaireur d'un pas...décidé. J'explique mon problème, on me demande mon passeport. "Vous n'avez pas de bagages ?" Je fais signe à Titou qui s'estompait dans l'ombre de rappliquer "il est avec vous ? " "Oui et les bagages aussi". Du coup elle nous enregistre. Je demande "mais où a lieu l'embarquement ? Pas de réponse elle continue sa vie de manipuleuse de paperasse et ça prend me semble-t-il un temps fou. Finalement elle brandit un paquet d'étiquettes qu'elle colle un peu de partout et 2 bandelettes rouges qui sont nos tickets pour un transport gratuit jusqu'à ce fameux terminal T2. "Asseyez-vous là quand le bus arrive vous montez dedans" Là, il y a aussi un jeune homme qui attend et que je n'avais pas remarqué (évidemment). Il a dû suivre tout le film et il nous accueille avec un grand sourire. Paumés comptez-vous ! Très gentiment il entame la conversation pour nous déstresser je présume. En fait depuis que je raconte notre voyage à tout le monde, je commence par être rodée et nous arrivons allègrement au T2. Il ne nous reste plus que trois heures avant l'embarquement. On en profite pour casser une petite croûte et écrire le blog.
Samedi 15 décembre 21H 45 (heure de Perth)
Les 5 heures d’avion finalement ont passé très vite. La moitié du temps a été consacrée à boire ou à manger. Délicieux les repas sur "Virgin Airlines" soit dit en passant. Titou sudokuse comme d'hab. La dame à ses côtés jouera pendant 5 heures sur son ordi. Moi je regarde par le hublot cette Australie que nous quittons. Vu du ciel, il n'y a vraiment rien, seulement un quadrillage de formes géométriques qui doivent correspondre à de très grandes propriétés. Des tracés sinueux plus verts sont les seuls témoins de ce que furent il y a des mois, voire des années, les rivières en eau. Quelquefois, ils convergent vers des taches rondes et blanchâtres que sont les lacs de sel. D'en haut ça me fait penser à un ballet d'ophiures. Ici des cure-dents soulignent une boursouflure un peu incurvée. Je réalise que ce sont des éoliennes sur la crête d'une montagne. L'impression de désert n'est qu'illusoire. L’Homme est partout. Il a introduit les lapins qui sans prédateurs s'en sont donné à cœur joie pour bouffer l'Australie, lui ôtant sa couverture végétale et l'asséchant presque complètement... Et puis je ne vois plus rien. On est souvent dans ou au-dessus des nuages et pendant plus de 2 heures on survole la mer...
Je crois que j'ai fini par m'assoupir un peu mais Titoune vous la connaissez...la petite lampe rouge qui vient de s'allumer dans son cerveau la réveille d'un coup : à Perth aussi, il y a 2 aéroports et la logique veut que nous n'atterrissions pas à l'aéroport international. Après avoir récupérer nos bagages, je fonce aux renseignements et gagné !!! ou perdu ça dépend de l'optimisme du moment, l'aéroport international est à l'autre bout de la ville. Et alors ????? On aurait pu crashé non ?
Dimanche 16 (heure de Perth)... Lud
Dans l'aéroport, nous nous dénichons un petit territoire "rien qu'à nous et nos bagages" pour une attente de ...10h 30 et essayons de nous installer le plus confortablement possible. Au milieu de la nuit, Titou emploie les grands moyens et adopte une position allongée. Titoune balade un peu. Les kiosques et bars ferment alternativement pour maintenir un minimum de prestations pour les usagers.
Le sommeil attaque par déferlantes successives. Titoune essaye bien de se caler dans les bras de Morphée mais vous la connaissez... Et donc elle se met au blog, interface magique entre ce qui est vécu depuis 3 mois et les paires d'yeux des amis qui vont lire, des amis jamais très loin malgré le décalage des distances et du temps. Tous les messages reçus en retour sont de l'énergie pure insufflée pas seulement dans la rédaction du blog, mais surtout dans cette aventure où rien n'était gagné à l'avance. Chaque jour apportait son lot de surprises, d'incertitude, de joie, de peine parfois. Savoir qu'on le raconterait, nous a permis de vivre tout très intensément, très positivement sans jamais ressentir la solitude qui était pourtant une réalité !
Et cette nuit, au milieu de l'aéroport de Perth qui se désertifie, Titoune converse avec ses amis, et la fatigue, et l'inconfort se dissipent. Entre 2 et 3 heure du matin, nous serons une trentaine à n'avoir pas eu d'autre choix pour la nuit. Un grand aéroport, presque vide, silencieux, où tout est éclairé, s'imprègne progressivement d'une atmosphère surréaliste. Attend-on un invité de marque ? L'espace d'un instant, je me surprends à rêver que les dizaines de sapins de Noël qui étincellent de mille feux et couleurs vont se positionner en haie d'honneur pour accueillir le vieux barbu (non pas celui-là l'autre !!!) qui ne va pas tarder à glisser tout de rouge vêtu le long de l'escalator qui ne s'est d'ailleurs pas arrêté.
A partir de 3h du matin, les allers et venues reprennent et s'intensifient et nous bougeons nous aussi pour un café, chocolat, pains aux raisins et croissants et puis nous rejoignons le confort très douillet de l'avion pour Dubaï. Maintenant je sais que je vais dormir...je dors...pas longtemps car il faut encore...manger!!! Pendant les onze heures nécessaires pour rallier Dubaï, nous mangerons 4 fois, très bon et très copieux.
Les 2 heures d'attente à Dubaï passent assez vite. Dans le sas d'embarquement, des jeunes racontent leur vie à haute voix et rient aux éclats...des Français ! Je ne peux m'empêcher de penser à tous ces jeunes Australiens de tous âges qui peuplaient les terrains de camping au moment de leurs vacances scolaires et qui pas une seule fois ont perturbé notre quiétude ! (au fait vous ai-je dit qu'en 3 mois nous n'avons entendu que 2 coups de klaxon ?).
7 h de vol encore, la fatigue augmente, notre résistance diminue. Il me semble que l'avion est plus bruyant. Un bébé pleure pendant très longtemps. Nous mangeons encore une fois ! La digestion et les films en anglais ont raison de notre résistance. L'avion se pose enfin à Charles de Gaulle. L'attente des bagages est interminable. Je sens que je vais défaillir si ça dure encore. Finalement ils arrivent et nous tentons une sortie. Un grand panneau (je l'ai vraiment vu immense !!!) "TITOU, TITOUNE, ET KAKO" que Bigoudi, le panda en peluche tient bien haut, nous attend, nous accueille !!!
Lud...vous ne la connaissez pas...Elle est comme ça. Elle se déplace de l'Ain pour venir vous attendre à Paris à votre descente d'avion...parce que vous le valez bien. Lud elle est comme ces lampes dont on ne s'aperçoit qu'à la nuit tombée qu'on a oublié de les éteindre. Quand le chemin de votre vie serpente paresseusement dans des havres lumineux, généreux, apaisés (c'est à dire pas très souvent), vous pourriez faire l'erreur de l'oublier. Mais chaque fois que votre ciel s'assombrit et que l'air fraîchit, elle se manifeste comme un phare dans la nuit, mais qui se donnerait des allures de main tendue, et ça réchauffe le cœur bien plus sûrement qu'un soleil. Ludmila...vous la reconnaîtrez...maintenant.
Et là!... TitouTitoune, vous les connaissez pas, ils sont complètement déconnectés !!! Abrutis de fatigue, d'émotion, et surtout abrutis tout court, ils en oublient "LA PHOTO" : Le panneau, Lud, Bigoudi, Titou, Titoune et Kako !!! Et, c'est très étrange, mais si on devait tout oublié un jour (...) c'est cette photo pas prise qui resterait comme ultime souvenir de ce voyage en Australie, parce que gravée dans nos cœurs.
L'aéroport de Perth